L’esclavage
Blog n° 69
Du Dimanche 18 Octobre 2009
Un beau matin
Les yeux à peine ouverts
Une pensée me traversa l’esprit
Le seul fait de poser le pied sur ma descente de lit
M’aura coûté beaucoup plus de la moitié de ma journée de labeur
Entre charges sociales, taxes, impôts et j’en passe
Et je ne compte pas les charges patronales
Représentant plus de quatre vingt pour cent du salaire
Voyant l’étendue du désastre
Je décidais donc de me blottir au fond de mon lit
En pensant à Philippe Noiret dans Alexandre le bienheureux
Bien réfléchi c’est lui qui doit être dans le vrai
Les temps ont bien changé, il est vrai
Et c’est tant mieux
Entre ces pauvres humains que l’on faisait travailler sous le fouet
En haut de la pyramide régnait le Maître absolu
Il y avait les courtisans qui étaient là pour flatter
Les gardes chiourmes veillaient à sa sécurité
Et à exécuter ses ordres sans aucun état d’âme
Plus la musculature était imposante
Plus leur cerveau avait la taille d’un pois chiche
Le sens du devoir et du dévouement était de mise
Ce qui n’a pas changé, la hiérarchie est toujours la même
Le népotisme est toujours d’actualité
Idiot, issu d’une famille haut placée, tu t’en sortiras toujours
Roublard, filou, tu as des chances d’accéder à de bonnes places
Petit cadre, salarié employé, ouvrier, tu te feras toujours berner
Ce qui a changé aujourd’hui
Ce sont ces intellectuels, qui hier étaient chétifs, malingres
Ils n’avaient que leur matière grise pour parader dans les salons
Aujourd’hui ces bougres ont décidé de fréquenter les salles de sports
Ces individus sans vergogne ont fait de l’ombre aux gros bras
Et aux autres sans qualification
Ils ont pris en main la gestion de notre pays
Dans un but de rentabilité
Ils ont fait fermer nos sites de production
Pour les implanter dans des pays émergeants
Où la manœuvre ne coûte pas un copeck
Pratiquer de cette sorte, comment peut-on appeler ça ?
Pour moi c’est de l’esclavage
Quand nous voyons ces pauvres hères à Dubaï et ailleurs certainement
Travailler comme des forcenés, logés comme des miséreux
A qui on a supprimé les papiers pour qu’ils ne puissent pas quitter ce pays
Il est vrai, enfin je l’espère, que le fouet n’est pas de mise
Hypocrites que nous sommes
Il suffit de les appeler travailleurs immigrés
Pour avoir bonne conscience
J’entendais dernièrement que certains pays
Louaient des milliers d’hectares en Afrique
Pour y faire de la culture afin de nourrir les leurs
Quelles seront les retombées pour ces pauvres bougres d’Autochtones
Qui en plus seront obligés de travailler la terre
Si ça ce n’est pas de l’esclavagisme moderne
Je ne sais plus quoi penser
Que reste t’il de notre hexagone
Ce pays de cocagne
Qui avait le climat rêvé pour l’agriculture
Des côtes qui nous donnaient du poisson en abondance
Nos usines qui fabriquaient tout ce que nous avions besoin
Tout ça a disparu au nom de la mondialisation
Aujourd’hui où que nous allions, nous traversons des villages déserts
Ne se trouvent sur les trottoirs que des voitures en stationnement
Finie la messe dominicale
Pratiquants ou athées peu importe
Les gens faisaient un effort de bien se vêtir pour s’y rendre
La sortie était une occasion de communiquer les uns avec les autres
Sans oublier le passage obligé chez le pâtissier pour acquérir sa petite gâterie
Le repas du dimanche en famille avait une signification
Même si celui-ci était pesant de temps à autre
Cela a été remplacé par des rencontres au stade
Où quelques énergumènes s’évertuent à se dérober la baballe
Pour la loger dans des filets que l’on appelle des buts
A la fin tout crottés ils boivent cette magnifique boisson appelez Coca cola
Je ne suis pas fier d’appartenir a cette génération du toujours plus
Les enfants bringuebalés de la nourrice à la crèche
Les couples à la moindre intercade se séparent
Sans en mesurer les conséquences pour leur progéniture
Les vieux sont jetés en pâture à ces maisons de retraite
Qui les dirigeants, eux ne sont pas des philanthropes
Leurs bilans doivent toujours être positifs,
Pour hélas finir dans un mouroir sans humanité
Ce pays est en train de se scléroser
Toute notre industrie est partie dans le tiers monde
Les seuls emplois que nous proposons
Sont ceux du service aux personnes
Il est vrai que ça doit faire rentrer des deniers
Dans les caisses de l’état
La devise est
Faire travailler au moindre coût
Beaucoup aspirent à avoir une vie confortable
A parader dans des Quatre quatre rutilants
Il est vrai qu’il y a beaucoup de candidats aux portillons
Mais hélas très peu d’élus
Dans ma mémoire j’ai deux films cultes
Le premier est :
Les Dieux sont tombés sur la tête
Le deuxième :
La crise de Colline Serrault
Je pense que le balancier de la bêtise est arrivé à son paroxysme
Et qu’un jour le profit laissera la place au bon sens et à l’amour

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