Les Bruits

Blog n° 67

Modifié le 16 octobre 2009

 

 

Ceux que nous aimons

 

Le petit matin

Voir la nature s’éveiller

Les fleurs s’ouvrant

Aux premiers rayons de Râ

Les toiles d’araignées 

Vibrant sous une légère brise

Retenant des gouttes de rosée

Au point de les confondre avec des diamants

Le moment tant attendu

Celui du soleil apparaissant à l’horizon

Dans une débauche de couleurs indécentes

Que nous sommes transportés

Dans un monde féerique

Religieusement on écoute ce silence

Et nous restons cois devant un tel spectacle

Après un tel bonheur

On commence à discerner

Le vent souffler délicatement

Dans le feuillage des arbres

L’eau du ruisseau

Courir dans son lit en se jouant des obstacles

Avec un bruit cristallin

Arrive en force

Le gazouillis joyeux des oiseaux

Qui après une nuit de panique

S’en donne a cœur joie

En criant à tous les échos

Qu’ils sont encore de ce monde

 

 

Ceux de la nature

 

Les mille-pattes chaussés de brodequins

Défilant aux pas cadencés

Que l’on croirait entendre

Un bataillon en manœuvre

 

Ces immenses usines

Où les fourmis se retrouvent

Eternelles ouvrières

Travaillant sans cesse

N’ayant aucun regard

Pour cette grande nigaude de cigale

Sa devise est

Amasser toujours plus

Pour les longues soirées d’hiver

 

 

Cet essaim d’abeilles

Dans un bourdonnement constant

Voletant autour de nous

Nous confondant parfois à des fleurs

Se posant sur notre auguste personne 

Afin d’en extraire le pollen

S’apercevant  de sa méprise

De rage nous plantant son dard

Sur cet épiderme si délicat

 

Ces moustiques femelles

Se prenant pour une escadrille

D’avions de chasse

Fendre l’air pour se fondre

Sur notre peau si fragile

Avec leurs pompes

Se ravitaillant

En nous laissant des piqûres cuisantes

 

Ces mouches tournoyantes

Dans un vacarme d’enfer

Se posant sans vergogne

Sur notre loup au fenouil

Afin d’en aspirer tout le suc

Avec leur appendice disgracieux

 

Le comble

Sont nos amis les chats

Voulant donner l’aubade

A l’élue de leur cœur

Ces petites bêtes copulent

Toujours au milieu de la nuit

Elles tiennent absolument

A nous faire partager

Leurs passions

Et que nous profitions pleinement

De leurs ébats amoureux

 

 

 

 

Ceux qui nous sont imposés

 

Au petit matin

Les éboueurs, les livreurs

Nous devons bien accepter ces petits tracas

Pour nous hommes civilisés

 

Le bruit des pneumatiques sur l’asphalte

Les pétrolettes pétaradantes

Les aéroplanes en phase de décollage et d’atterrissage

Les transports en commun

Que pouvons-nous y faire

C’est la rançon de la gloire

 

 

Ce qui devient parfaitement odieux

Ce sont tous ces bricolos du dimanche

Qui, sans aucune vergogne

Empoisonnent tous leur environnement

Avec perceuses, scieuses, disqueuses, etc…

 

Le comble revient

A toutes ces petites coccinelles

Portant sur leurs dos

Cette machine infernale

Pour souffler les feuilles

J’ai pu voir

A Etretat ce petit insecte

Diriger l’embouchure de son engin

Sur les galets qui se trouvaient sur la jetée

Les pousser à la mer

Contre le vent

 

Il est drôle de voir

Tous ces gens s’époumoner

A faire leur jogging

Pour parfaire leur ligne

Et leur musculation

Pourquoi ne pas supprimer

Tous ces engins  à moteur

Polluants et bruyants

Et prendre le râteau, la scie, la hache

Tout le monde y gagnerait

Et leurs corps seraient sculptés

Au point de paraître

Sur des journaux

Faisant l’apologie des Apollons



Article ajouté le 2009-10-17 , consulté 30 fois

Commentaires


Le cloup de Montpellier le 15/11/2009 à 22:30:41
Cette petite balade en campagne nous a ravi... Nous avons salué Messieurs les mille-pattes après avoir causé un moment avec Mesdemoiselles les fourmis...! Oh quelle belle journée, nous te raconterons ce moment d'évasion ! Et je laisse la plume à mon chat de mari !
Que de jolies et délicates observations qui rappellent avec joie que la fraîcheur d'esprit n'a pas d'âge ..
Notamment sur les bruits du matin (ceux que nous aimons). Tu as posé des mots sur des choses que je ressens avec intensité, alors merci !, quand j'aurai un coup de blues, je relirai ce texte plein de lumières.

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