Casino

Blog n° 53 du jeudi 19 mars 2009

 

Je suis un petit bout de femme austère

Ma vie n’est faite que de privations

Elevant dignement mes enfants pour en être fière

Economisant au maximum sur les rations

 

Maintenant que je suis devenue une vieille femme

J’erre dans les rues comme une âme en peine

Après l’office je m’achète ma bouchée à la reine

La facilité, car de cuisiner j’ai la flemme

 

Ma silhouette est celle d’une anorexique

Je suis habillée tout de noir

Coiffée d’un chignon qui n’a rien d’excentrique

Jamais on ne me verra dans la rue le soir 

 

Lors d’une visite d’un de mes enfants

Celui-ci m’a emmené tambour battant

A la plage pour m’être agréable

Cette immensité bleue était formidable

 

En fin de journée il m’a entraînée

Dans un établissement pour consommer

L’entrée brillait de mille lumières

J’entrais au bras de mon fils, j’étais fière

 

J’étais assourdie par le bruit qui y régnait

Aveuglée et admirative par tous ces spots lumineux

Curieuse, j’écarquillais grand mes yeux

Afin de comprendre et voir ce qui s’y passait

 

Toutes les personnes présentes dans ces lieux

Avaient l’air soucieuses et anxieuses

Ils étaient tous munis d’un seau miteux

Cela ne contenait sûrement pas d’images pieuses

 

Mon fils m’expliqua que nous étions dans un Casino

Et que ce que je voyais là étaient des machines à sous

Tous ces gens modestes paraissaient tellement accros

Cela devait dans leur budget créer un énorme trou

 

J’observais le faciès de certains joueurs

Ceux souriants quand des pièces tombaient

Les autres pris de panique quand le seau se vidait

On voyait sur leurs visages le masque de la peur

 

Je ne comprenais pas bien l’attitude de ces gens

Je décidais donc, un beau matin  de prendre le car

Pour le casino et de comprendre cet engouement

J’étais tentée d’accéder moi aussi à une infime part

 

Comme beaucoup j’allais changer mes économies

Pour obtenir en échange des pièces dans ce seau orange

Je réussis à m’asseoir devant une machine étrange

Qui me demandait  des sous avec un grand appétit

 

Plus j’introduisais des pièces dans la fente

Plus cette machine faisait un vacarme énorme

J’avais peur qu’elle engloutisse toute ma rente

Elle a daigné me rendre une partie  de la somme

 

Je me suis acharnée pour récupérer mon pécule

Jamais cette machine ne l’a accepté

Ces engins c’est à croire n’ont aucun scrupule

C’est le cadet de leurs soucis que les mamies soient endettées



Article ajouté le 2009-03-21 , consulté 62 fois

Commentaires


paule le 22/03/2009 à 11:28:47
eh oui ! le drame c'est de ne pas se laisser tenter par le bruit des pièces qui tombent !! c'est bien connu ! pourquoi pas moi ! je vais gagner ... hélas pas cette fois ! l'affreux piège !

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