Les phases de la vie

Blog n° 48 du 25 février 2009

 

 

Dur dur de quitter ce cocon liquide et douillet

Pour être projeté douloureusement dans ce monde

Où une main d'acier vous tient par les pieds

Et l'autre vous assène des coups sur ces fesses toutes rondes

 

Le but avoué est de nous faire pousser notre premier cri

Ils ne sont pas sans ignorer que ça va  être un long chemin de croix

Par expérience ils ont appris à se protéger en donnant de la voix

En se penchant ils oublient et ils nous regardent avec un air attendri

 

Ils tentent dés notre plus jeune âge de nous transmettre leur science

Il est vrai que nos aînés ont une grande expérience

Au fond d'eux même il y a ces doutes qui les habitent

Surtout ne pas le montrer il est nécessaire qu'ils nous abritent

 

De plain-pied nous avons débarqué dans ce monde

La seule douceur que l'on nous octroyait

Etait  ce sein doux et rond comme une mappemonde

Quand des mains nous arrachaient à ce délice on hurlait

 

Ces prémices ne laissaient rien augurer de bon pour l'avenir

Ce sein fut remplacé par une tétine qui n'avait rien pour nous ravir

Le déchirement de la séparation avec sa maman pour une nounou

N'était pas du tout à notre goût

 

Il y a eu des phases difficiles et très fastidieuses

Ne pouvant nous exprimer, nous piquions notre crise

Les grands disaient que ce n'était que des caprices

Ils ne comprenaient pas que cela n'en était pas, il y avait méprise

 

A croire que les grands n'ont jamais été petits, qu'y faire!

Ils ne se souviennent pas quand ces fichues quenottes

Décident de pointer leur nez du mal que ça peut faire

Et que ça nous met les nerfs en pelote

 

Il y a eu cette période difficile de la vaccination, des otites  et de tout le reste

Cette pédiatre qui connaissait tout et disait aux parents que ce n'était pas alarmant

Ce ne sont que des maladies toutes bénignes, ce n'est tout de même pas la peste

Et le cas de cet enfant à coté de beaucoup d'autres n'était pas désespérant

 

Après cet épisode fait de bric et de broc, il y a eu la garderie

L'expérience de la collectivité, avec la peur au ventre du petit caïd

Les dames en général étaient gentilles et nous donnaient des gâteries

Il n'en suffisait qu'un pour que règne la terreur, c'en était stupide

 

 

 

Il y a eu l'époque de l'école primaire

Tous assis derrière notre pupitre

Ecoutant le plus attentivement possible le maître

Evitant pour la plupart de faire le pitre

 

Ayant traversé tout ce temps sans trop de dommage

Il y a eu l'épreuve du collège et toutes les nouvelles matières à assimiler

Notre visage  de boutons d'acné était parsemé

Nos voix devenaient graves, c'était moche pour notre image

 

Comment séduire toutes ces filles avec un tel handicap

Plus on s 'évertuait à leur plaire, plus elles riaient sous cape

Notre travail scolaire s'en ressentait

Et les cris à la maison retentissaient

 

Le jour du bac était arrivé, livides nous étions

La hantise de rendre sa copie blanche

Parmi les rangs se promenait le pion

Impossible d'utiliser nos antisèches cachées dans la manche

 

Le point crucial était là, devant nous

Il fallait maintenant se décider du choix de sa future profession

Difficile même impossible, ça tournait à l'obsession

On était hébété, KO, nous étions sur les genoux

 

Pas par choix, mais par sagesse

En regard de notre soit disant travail scolaire

Qui reflète bien notre scolarité de paresse

Prendre la voie qui aurait vocation de ne pas trop nous déplaire

 

Nous voilà immergé dans le monde actif

Il ne suffit pas d'avoir des connaissances pour gravir les échelons

Chaque roi, chaque dirigeant a besoin de son bouffon

Il faut flatter, cirer les pompes, espionner pour atteindre son objectif

 

Le temps s'écoule tant bien que mal

Miracle, un sourire une poignée de main soutenue

Tout bascule, l'amour ce n'est pas machinal

C'est beau, cette fille nous la portons aux nues

 

Grande robe blanche, un sourire radieux

Les grandes orgues sonnant pour cette occasion bénie des dieux

L'échange des anneaux sous l'œil attendri du prêtre

Ce bonheur nous allons pour toujours nous en repaître

 

On pense que le bonheur est éternel

Le quotidien nous ramène à la réalité

Il faut marner pour accéder à la douceur du miel

Quel est l'emploi qui pourrait nous apporter la pérennité

 

 

 

Un grand bouleversement change radicalement notre vie

L'arrivée d'un petit être sous notre toit

Comme deux grands gamins nous restons pantois

Que la fusion de notre amour nous ait donné cette Sophie

 

Au fur et à mesure des années qui passent

Nous avons l'impression d'avoir vécu certaines scènes

Celle quand nous étions encore des enfants

En tant que parents il est difficile de tenir les rênes 

 

 

Après ce parcours, la question  se pose

Les avons-nous suffisamment aimés

Leur avons-nous tout donné

Diront-ils  je vous aime mes parents

En déposant cette magnifique rose

Avec dans les yeux des larmes qui perlent

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Article ajouté le 2009-02-25 , consulté 77 fois

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